“Mais tu vas m’expliquer ce que c’est oui ou non ?” Me lance Emily alors qu’elle me suis tant bien que mal.
“Il faut d’abord que j’aille voir le capitaine !”
“Mais attend moi au moins !”
Je ralentis juste assez pour qu’elle puisse me rattraper et repris ma route aussi tôt qu’elle fut à ma hauteur. Nous arrivons rapidement à la Brevhus, je rentre en trombe me précipitant dans le bureau du capitaine Jean. Celui-ci était entrain de jouer au fléchette assis nonchalamment dans son fauteuil. A mon entrée, il fige son geste et me regarde surpris.
“Qu’est-ce qu’il y a mon grand ? Un problème ?” Me demande-t-il sur un ton las.
“Emily a trouvé ça chez Geoff” Lui répondis-je en lui tendant l’enveloppe. “Je crois que vous devriez y jeter un oeil.”
Avec un soupir, il pose sa fléchette et saisi le sujet de cette interruption. Il commence à l’observer sans grande conviction avant d’écarquiller les yeux et de s’approcher d’un pas vif de la fenêtre pour la regarder à la lumière.
“Mais… comment a-t-il eu ça ce vieux fou ?” murmure-t-il d’une voix presque tremblante.
“C’est vraiment une lettre de marque, je n’ai pas halluciné ?”
“Ça ou on hallucine ensemble.”
“Bon quelqu’un veut bien m’expliquer ?” Lance Emily visiblement agacée de ne pas comprendre.
Le capitaine l’a dévisage comme s’il venait de remarquer sa présence dans son bureau. Il s’avance vers la porte regarde à droite et à gauche dans le couloir avant de la refermer et de reprendre :
“On va faire simple : Il existe plusieurs niveau de courrier, le niveau standard, prioritaire, stratégique et les Lettres de Marque. Le plus bas prend en compte la majorité des messages et colis, quant à eux le prioritaire sont ceux pour lequel on a payé un supplément pour qu’il aille plus vite. Les stratégiques concernent les informations importantes du Kjarrdom comme les ordres militaires, les lois ou les déclarations officielles…”
“…Et les Lettres de Marque sont pour des messages d’une importance capitale, le genre capable de changer l’Histoire. Elles sont protégé par un rituel du Culte où, par sa puissance divine, le Kjarr châtie toute personne tentant de l’ouvrir alors qu’il n’est pas le destinataire.” Finis-je en reprenant quasi mot pour mot l’explication que m’en avait faite Albert à l’école.
Un silence s’installe. Puis Emily reprend :
“Alors je ne suis pas érudite mais il me semble que le Kjarr Mandred est mort il y a près d’un siècle non ? Et c’est bien le destinataire ?”
“La seule explications que je vois est que, d’une manière ou d’une autre, elle s’est perdue quelque part avant de finir chez ton grand-père.” Lui répondit Jean.
“On en fait quoi capitaine ?”
“On n’a pas vraiment le choix, notre devoir de Brevtheng est de livré cette lettre.”
“A un mort ?” demande Emily.
“Non non, dans ce genre de cas on se doit de la remettre à l’héritier du destinataire et si celui-ci n’est plus à son héritier à son tour et ainsi de suite.”
“Donc elle doit être remis au…” Commençais-je en refaisant mentalement l’arbre généalogique des Heimer.
“Au Kjarr Kanlor Heimer” Finit Emily.
Le capitaine se tourne vers moi.
“Le cas des lettres de marque est encore plus particulier car il faut la remettre de manière direct au destinataire sans passer par le réseau de la Brevhald. Donc je n’ai pas le choix.” Il inspire profondément. “En tant que capitaine de cette Brevhus, je t’ordonne officiellement de prendre cette lettre et.. de te rendre à Frikhamn, la capitale, pour la remettre en main propre au Kjarr.”
Un silence solennel s’installe.
“Tu ne m’avais pas dit que tu voulais de l’action ?” Me dit-il d’un ton légèrement moqueur.